Stratégie : l’horlogerie de luxe enfin à l’heure de la mobilité ?

Si les hordes de réseaux sociaux ubi-connectés et de jeux boostés à l’accéléromètre siègent depuis des mois au TOP 10 de l’Appstore, l’horlogerie de luxe fait des percées timides mais de plus en plus fréquentes dans cet univers mobile. BREITLING, TAG HEUER, BELL & ROSS et leurs confrères suisses, adoptent un à un le principe de l’application iPhone de marque. Mais l’expérience digitale mobile qui en résulte est souvent loin d’être aboutie. On télécharge, on teste, et on efface, souvent  déçu.
Peut-on vraiment être « sticky » sur le mobile ?
Peut-on vraiment fidéliser grâce à un téléphone ?
Peut-on vraiment favoriser la vente avec une bonne appli’ ?

Oui, oui, et re-oui ! Observons ce qui se fait sur l’iphone, pour ne parler que de ce device, et explorons le champ des possibles…

iphone, les horlogers de luxe à l'heure du mobile

« En 2010, si une marque de luxe n’a pas son application iphone, c’est qu’elle a raté sa comm’ » diraient les pubards moqueurs.

C’est vrai après tout, la communication sur mobile est devenue un must have, et la recette mobile de base est tellement simple qu’elle reste la même pour la plupart des marques :

  • affichez un gros visuel du produit star sur une page d’accueil
  • ajouter un catalogue de la marque (de simples photos suffisent)
  • saupoudrez d’une vidéo de promo ou d’une vue à 360°
  • offrez une géolocalisation des points de vente et le tour est joué !

Simple, oui… mais vraiment efficace ?

Où est l’expérience de marque dans tout cela ?
L’application mobile de luxe doit-elle être réduite aux fonctionnalités les plus basiques d’un site web ?
Et l’horlogerie dans tout ça ? Ne peut-on faire un vrai clin d’oeil expérientiel à l’horlogerie et ses caractéristiques ?

Du coup, les marques les plus « geek » ambitionnent d’apporter un petit supplément d’âme à l’expérience utilisateur en exploitant 1 ou 2 fonctionnalités supplémentaires du device mobile. Ainsi, de nombreux horlogers, comme BELL & ROSS ou IWC ont choisi d’afficher l’heure réelle sur les modèles de montres exposés, certains se sont même osés à la simulation d’essayage de la montre, par prise de photo du bras et superposition d’images. D’autres, joueurs, tentent l’approche ludique en exploitant une bibliothèque d’images et les fonctions tactiles de l’appareil, pour reconstituer un puzzle par exemple.

Notons que certaines de ces approches ont l’avantage de favoriser un phénomène de « persistance rétinienne » à la faveur des garde-temps manipulés.
Toutefois, en dehors de ces petits gadgets plus ou moins divertissants, peu de marques horlogères savent enclencher et entretenir un véritable dialogue entre elles et la cible mobinaute. Du coup, quel est l’intérêt pour lui de garder une appli sur son téléphone si elle n’apporte rien de plus qu’un mauvais site Internet ?

Si certaines opérations justifient le simple effet « whaou ! » comme celui provoqué par le moins connu (et néanmoins prestigieux)  A. A.LANGE & SÖHNE en proposant un démontage digital de sa montre, la plupart des marques doivent trouver LA fonction persistante qui leur permettra d’instaurer un échange mobile régulier avec leurs utilisateurs, voire d’obtenir une place de choix au panthéon des applications « ineffaçables« . Quelle sera cette fonction magique ?
Certains se sont déjà posés cette question existentielle (car il s’agit bien d’exister sur le mobile ou d’en disparaître).
Le célèbre horloger suisse JAEGER LECOULTRE, par exemple, a tiré son épingle du jeu en proposant une vraie expérience de marque mêlant design d’interaction et marketing relationnel :

  • un branding parfaitement retranscrit sur le mobile
  • un catalogue produit intégrant des manipulations de l’objet (fonctionnalité amenée à devenir un classique dans le secteur)
  • un dictionnaire du « métier » pour les amateurs (voici un motif de « persistance » sur le mobile)
  • un jeu concours permettant de gagner une visite VIP du temple de l’horlogerie (dommage qu’il soit terminé et qu’il ne propose pas de mises à jour)
  • plusieurs leçons d’horlogerie (que les amateurs apprécieront), mêlant subtilement vidéo et manipulation tactile.

Fin du fin, un nouvel épisode du « cours horloger » était proposé chaque semaine après un langoureux teasing sur l’appli elle-même : fidélisant, instructif et marquant.
Voilà qui est appréciable !

Jeager Lecoultre sur mobile avec la reverso

DIOR, de son côté, signe une application surprenante et pertinente pour sa montre de plongée « Chiffre Rouge », avec une approche totalement différente en termes de contenus. Alors que sa légitimité est parfois remise en cause dans un univers horloger puriste, la marque mise à 100% sur le côté « Diving Watch » de son produit. L’application ne se contente pas de proposer une fonctionnalité contextuelle à l’usage « plongée », elle en offre trois, pour le plaisir des dandys moussaillons :

  • un dictionnaire des signaux maritime (voici un motif de « persistance » sur le mobile)
  • une sélection des meilleurs spots de plongée, associés à des critères « passion » : visite d’épaves en Australie, découverte d’un récif de corail en asie…liée à l’application google map pré-installée sur l’iphone ! (dommage que toutes les coordonnées GPS ne soient pas bien saisies)
  • et une application vous permettant d’émettre des messages en morse en faisant clignoter votre téléphone en cadence (utile en cas de panne radio si vous êtes coincés sur votre bateau ou pour envoyer un message codé à un ami agent secret)
  • le tout, bien sûr, avec quelques photos du beau garde temps, avec une mention spéciale pour l’écran d’accueil qui joue un effet graphique « water proof » couplé à l’accéléromètre de l’iphone.

L'application mobile Chiffre Rouge de DIOR sur iphone

Voilà qui devient intéressant : une application mobile serait-elle en mesure d’appuyer la légitimité d’une marque dans un univers où elle débute ? Et pourquoi pas…

Mais après avoir trouvé, non sans difficultés, puis testé une vingtaine d’applications mobiles horlogères, une autre question me tracasse : si HERMES, CHAUMET et d’autres marques de luxe se sont lancées à pieds joints dans l’univers du marketing mobile, où sont les marques de référence ? Pourquoi ROLEX, PATEK PHILIPPE, OMEGA et CARTIER se font-elles attendre alors que des marques plus confidentielles comme DEWITT  ou STOWA incitent déjà les mobinautes à casser rapidement leur tirelire ? On dit que des projets sont « dans les cartons » ou « en cours de développement », mais il paraît dommage d’avoir raté Noël et la fête des amoureux-flambeurs… non ?
Rassurez-vous pour elles, en attendant que leur « MOBILE UX STRATEGY » soient « ready to market », ces manufactures vivent déjà sur mobile, pas forcément sur un support auto-maitrisé et dédié, mais elles existent. Les modèles de ces prestigieuses enseignes sont d’ores et déjà exhibées par d’autres : certains distributeurs multimarques comme  l’italien BARROZZI ont un train d’avance et présentent de nombreuses collections directement sur leur appli.  De plus, des acteurs périphériques du secteur, comme le MAGAZINE DE LA HAUTE HORLOGERIE, peuvent donner de la visibilité à la marque, pour peu que son actualité soit fournie.

Et puis il y a ceux qui ont choisi une stratégie mobile différente. La marque HUBLOT par exemple, propose un vidéocast gratuit depuis 2007. D’autres, comme TAG HEUER misent sur tous les tableaux : le fabricant de la célèbre MONACO ne s’est pas contenté de créer son appli mobile interactive,  il a carrément lancé son propre téléphone, avec un chronomètre suisse intégré. Mais ça, c’est une autre histoire…

meridiist-tag-heuer-mobile-phone

Adidas augmente l’expérience de marque

Utiliser la réalité augmentée dans le cadre de la communication et la promotion de produits a été un des premiers tests pour le marché grand public. Si je n’ai jamais douté de l’intérêt que les marques ont pour la RA, je suis satisfait d’observer que celle-ci participe à accompagner un autre phénomène issu du personal branding, et qui consiste en la création d’une identité numérique propre à un produit. C’est la possibilité pour le consommateur de rester connecté au lifestyle du produit (la clé nécessaire est le produit lui-même), et l’opportunité de développer l’affect et promovoir des valeurs pour l’annonceur.

Ainsi, la RA participe au développement du principe de storytelling des marques « imposé » par le développement des usages 2.0.

Adidas réalité augmentée

Ici, le procédé de réalité augmentée fait parti intégrante du produit et non pas des supports de communication qui l’accompagnent. Le marqueur de RA se trouve sur la languette de la chaussure, ce qui « installe » le message de la marque dans le temps (comme une recommandation de lavage ou la pointure sur l’étiquette).

Il semble que la chaussure et le site seront lancés au mois de Février prochain et devraient aussi accueillir dans le mois suivants 3 jeux fonctionnant avec la réalité augmentée.

Borne tactile Coucours Multitouch SNCF, sqliagency dans la course.

Sqliagency propose sa solution de borne tactile de billetterie, innovante et ergonomique, pour un maximum d’efficacité en situation d’achat/réservation en gare.

Comme vous le savez peut-être déjà, sqli agency (représentée par Stéphane Donic, Vincent Hove, Jimmy Pina, Julie Hirtz, Cédric Le Floch, Julien Demeuzois, Jean-Marc Léglise, Memmie Lenglet, Fabien Mirault et Florent Capon) participe au Concours MultiTouch SNCF.

La société SNCF  a organisé, en partenariat avec 01.NET un concours de développement d’applications tactiles multitouch.
Objectif : inventer une nouvelle façon de vendre des billets de train en boutique SNCF.
Le gagnant de ce concours verra son projet multitouch exposé dans la boutique Gare de Lyon pendant un mois !

SNCF CONCOURS MULTITOUCH
N’hésitez pas à diffuser l’information autour de vous …

Et pour que nous soyons cet heureux gagnant, c’est maintenant que nous avons besoin de vous !
Votez ici pour notre réalisation Projet « Révolution », cela ne prend qu’une minute. A vos clics, partez !

Découvrir l’argumentaire de sqli agency

cartes bancaires innovantes et personnalisation client

Deux cas inspirants de cartes innovantes

« La Carte thématique totémique »
La Société Générale va éditer fin 2009 une carte Rolling STones « collector » en partenariat avec Universal Music, en édition limitée, sorte de carte tribale  » fans de musique » auprès de la cible jeunes, offrant des services de niche (télécharger entre autre, à tarif préférentiel de la musique) .

Carte_Rolling-Stones_SG

« La carte individuelle à la carte »
Le Crédit Mutuel Arkéa s’illustre aussi en lançant la nouvelle offre bancaire (et pour le coup nouveau site) de sa filiale banque en ligne Fortuneo, innovant notamment dans la personnalisation en ligne de la carte bancaire

  • Possibilité d’habiller la carte en choisissant son skin à partir d’une banque d’images proposée via le site ou à partir d’une image personnelle téléchargeable depuis son ordinateur personnel
  • Pouvoir décider ( carte virtuelle) d’un montant maximum autorisé à débiter et affecter la carte à un type d’achat !

fortuneo_carte_bancaire

Ces deux exemples indiquent un signal fort de la banque vers l’autonomisation du client.

« La carte individuelle à la carte » pourrait-on presque dire, au service de plus de liberté, de plus de responsabilisation et d’autonomie mais aussi comme une émanation de soi. La carte outil de transaction devient aussi intime et révélateur de personnalité du porteur.
On accentue la logique de reconnaissance vers l’ego-valorisation par la matérialisation d’un signe identitaire ou expression de soi sur un support physique. La carte de paiement se vivrait comme une extension de soi, et donc la banque à mon image. Et surtout, cette ego-valorisation s’accompagne d’un personnalisation pratique en permettant à tout un chacun de paramétrer les fonctionnalités transactionnelles ou/ et d’accéder à des services attendus par la cible.

La banque de détail en se raccordant aux nouveaux usages et besoins de consommateurs peut devenir un terrain propice à l’innovation, que d’autres acteurs investissent aussi.

Je pense en autre aux nouveaux usages 2.0, communautaires et mobiles.

  • Ainsi d’autres acteurs des solutions de paiement se sont déjà exprimés sur le terrain 2.0 : Mastercard par exemple, qui propose une carte de paiement prépayée à dimension communautaire : Facecard ou la carte comme extension de soi reliée à son réseau de proches avec qui agir en commun.

facecard

  • Et quand aux usages mobiles, on peut citer l’offre innovante de Paytoomobile : quand le téléphone mobile devient non pas carte bancaire, mais banque personnelle …

Paytomobile_walletmobile

Vidéo sur Internet : le Flip va-t-il révolutionner les usages ?

Il a déjà fait buzzer les States depuis 2 ans, il arrivait jeudi en Europe avec un lancement réunissant la presse et toute la HYPE du blogging, le FLIP VIDEO est là, mais va-t-il vraiment révolutionner les usages en matière de vidéo sur Internet ? C’est possible.
Tant et si bien qu’ on en vient à se poser la question : « Le web fait-il évoluer le DEVICE ou est-ce le DEVICE qui va faire évoluer le web ? »
Quand e-marketing et marketing produit se mélangent…

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