E-réputation : Savez-vous vraiment ce qu’il se dit sur vous ?

Nous en avions déjà parlé il y a quelques mois. Les clients ont pris le pouvoir et sont devenus de véritables vecteurs de communication des marques et de leurs produits. Les marques se doivent d’être transparentes et ne doivent rien laisser au hasard. Aujourd’hui, le web est-tel que les clients peuvent trouver n’importe quelle information sur une marque ou sur un produit. C’est une véritable aubaine pour les clients alors que cela peut représenter une menace pour les entreprises qui ne seraient pas soucieuses de la satisfaction de leurs clients. Les cas sont nombreux, mais il semble intéressant de se pencher sur le cas de Microsoft – pas plus tard que la semaine passée – pour comprendre l’impact des médias sociaux sur la communication des entreprises.

Au départ, un visuel sur un site Internet de Microsoft pour promouvoir une de leur infrastructure IT. Trois personnes discutent autour d’une table de réunion. Oui mais voilà, ces trois personnes, selon la localisation choisie ne sont pas les mêmes. Aux États-Unis, nous retrouvons un asiatique, un noir et une femme blanche. Sur la version polonaise, un asiatique, un homme blanc et une femme blanche.

Version américaine

Version polonaise

Nous pouvons alors simplement parler de ciblage publicitaire, Microsoft ne s’adresse pas à la même typologie de personnes aux États-Unis et en Pologne. Microsoft et son agence de publicité ont toutefois commis une erreur grossière. Ils ont utilisé le même visuel et ont changé uniquement la tête de la personne centrale de l’image…mais en oubliant les mains. Il n’en fallait pas plus pour susciter la polémique aux États-Unis, mais aussi en France. Polémique doit-il y avoir ?

D’un point de vue de la marque, la nécessité de cibler la population à qui elle s’adresse n’est pas contestable, mais la démarche peut/doit lui être reprochée. Microsoft s’est rapidement excusé via Twitter, mais il n’en fallait pas plus pour agiter la blogosphère : Microsoft développe un racisme publicitaire, Microsoft remplace un noir par un blanc, Marketing Decapitation In Poland: Asians Ok, Blacks Maybe Not, Microsoft swaps race in Web site photo…et j’en passe.

Comme vous pouvez le constater, on parle bien plus de racisme de la part de Microsoft que d’une erreur de leur agence de communication. Microsoft a commis une erreur et a vite réagi sans pour autant désamorcer la crise comme a pu le dire TechNotes.


Cela a-t-il un impact sur l’image de la marque dans le monde ? J’en doute. Toutefois, la multiplication de telles erreurs pourraient pousser les clients à (continuer) écorner l’image de Microsoft.

Cet exemple montre à la fois : – l’importance d’écouter et de surveiller ce qu’il se dit sur votre marque (une simple requête dans Google pourra vous en donner un aperçu) – l’importance de publier rapidement un message officiel en cas de crise via un support de communication accessible par tous – l’importance de ne rien laisser au hasard – l’importance du consommateur/internaute comme vecteur de communication de la marque

Savez-vous vraiment ce qu’il se dit sur vous ? Vraiment ?

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4 réponses à “E-réputation : Savez-vous vraiment ce qu’il se dit sur vous ?”

  1. ropib dit :

    Une toute petite remarque sur cet article très intéressant: pourquoi pouvoir/devoir reprocher quelque chose par ailleurs incontestable ? Si ça se trouve cibler c’est non seulement contestable mais en plus ça pourrait bien être contesté. Nous avons l’habitude que la communication/publicité ait une licence de mensonge et parallèlement que l’exigence de vérité/factualité soit du ressort du journalisme. En fait on s’aperçoit, dès qu’on donne la parole à l’usager (le "client" est dépassé, et l’abandon de propriété sur une choses transformée le sera sans doute avec), que publicité et journalisme sont exactement la même chose, qu’il n’y a aucune licence d’aucune sorte, qu’aucun message ni aucune intention n’est incontestable.

  2. Ce qui est drôle c’est que pour toi la transparence est avant tout un danger pour l’entreprise. C’est une vision très traditionnelle de la communication et totalement différente de la notion même de transparence. La transparence est certes parfois subi mais aujourd’hui les entreprises qui ont compris ce que sous-entend une démarche conversationnelle, on comprit que la transparence est une opportunité. Même lorsque c’est dans un contexte de réaction face à un buzz négatif, car à mon sens, un buzz négatif est une formidable opportunité pour une marque pour reprendre la main sur ce que l’on dit d’elle. Il vaut mieux que l’on parle négativement de votre marque que l’on en parle pas du tout, car la marque possède alors déjà l’intérêt. A elle de transformer cet intérêt et ce buzz négatif en quelque chose de positif. L’un des meilleurs est sûrement celui du bug sur le jeu Tiger Woods de EA Sports…

    Arrêtons également de dire que le consommateur a le pouvoir. C’est faux. Il y a une redistribution des cartes, à l’ère du participatif mais c’est la marque qui doit apprendre à "piloter sa posture conversationnelle".

  3. Gentil troll dit :

    "Cette exemple montre à la fois : – l’importance d…’"
    exemple est masculin. Et ce n’est pas la seule faute du récit. On ne vous relit pas avant de valider vos billets ? Accablant !

    Un client qui se demande s’il ne va pas aller voir ailleurs

  4. Renaud PERRIN dit :

    @ropib : Vous avez tout à fait raison. Cela peut-être contestable mais tout produit à une cible et il convient de voir le côté vénal de la chose.

    @Cédric DENIAUD : Je n’ai jamais dit que la transparence était un danger pour l’entreprise bien au contraire (ou alors je me suis mal exprimé). C’est plus une opportunité.
    Pour ce qui est du cas EA Sports, la réponse a été apportée 1 an après. Alors, belle preuve d’ouverture, mais quel impact sur les ventes durant 1 an?
    La série 2010 du jeu propose d’ailleurs un concours UGC sur le même principe.

    @Gentil troll : Merci pour vos remarques. Peut-être pourrions-nous en discuter?

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