
Alors voilà, c’est l’actu mode de la semaine et tout le monde en parle (même Paris HILTON), Lagardère lance son nouvel hebdo féminin « Be ». Juste un nouveau mag ? Pas seulement !
Ce magazine s’annonce « féminin haut de gamme générationnel, visant les jeunes femmes de 20 à 35 ans ». La fin justifiant les moyens, ce nouvel arrivant a collé au maximum aux nouvelles attentes de cette cible exigeante et hyper-connectée en investissant massivement sur le digital (web + mobile). Didier Quillot, PDG de Lagardère Active annonce d’ailleurs lancer « une vraie marque globale à 360° qui est partie du digital ». Si le format hebdomadaire, le design du site et le choix de Paris HILTON comme mascotte peuvent sembler surprenant pour un « haut de gamme » (GQ ne feraient jamais ce genre de choix), la démarche « print + vraie stratégie digitale » attire notre attention.

Le site be.com, qui revendique 400 000 visiteurs uniques en mars au bout de deux mois d’existence, ambitionne de créer une communauté de jeunes femmes (les « Bees ») qui seront à la fois lectrices du magazine, contributrices sur le web et consommatrices grâce au e-commerce. Vous rêviez de cliquer sur l’objet tendance affiché dans la rubrique « shopping » de votre magazine préféré ? Ce sera enfin possible avec Be (dès que le site sera bee-buggué, euh, débuggué), grâce à des partenariats malins entre le site et des distributeurs en ligne tels que SARENZA.com pour les chaussures. Le mag’ promet donc un accès privilégié et direct aux prochains « must have », à des pièces originales, des avant-premières, des exclusivités, mais une fois couplé à une démarche marchande affirmée, ce qui était l’appanage légitime des « cool-hunters » ou des journalistes chasseurs de nouvelles tendances, pourrait vite être perçu comme le travail d’acheteurs sur un catalogue produit joliment éditorialisé.
Qu’en pensera le public ? On verra, mais il est clair que d’un point de vue purement marketing, le potentiel est énorme.

L’appli i-phone est prometteuse avec quelques idées intéressantes pour fidéliser : un coach mode, beaucoup de news, l’approche communautaire et, plus fort que l’horoscope, un tarot marseillais… Le plus gros travail réside sans doute dans cette volonté d’imposer des influenceuses directement sur le média (ou plutôt ces médias). Elles dévoilent leurs news, les pièces cultes de leur garde-robe, elles deviennent « amies » avec les membres de la communauté… Une approche promotionnelle du produit de mode et de l’information people un peu en rupture avec le modèle des influenceurs à l’avis « non financé », et pas si loin d’une démarche courante à la télévision (couplée aux réseaux sociaux traditionnels). Mais là, on est digital-mobile, donc original.
Et puis il y a ces rubriques « payantes » : Be Premium, pour d’autres conseils beauté, d’autres conseils mode. Un nouveau modèle économique ? Discutable, certes, mais tellement facile à acheter, il suffit de cliquer sur l’icône mobile, comme pour une APP payante. Et puis il y a cette playlist qui vous permet de découvrir un extrait d’un sélection de singles que l’on peut acquérir rapidement sur iTunes Store.
Pour promouvoir tant de nouveauté, il faut faire beaucoup de bruit autour du lancement, et ça Lagardère sait faire. Il faudra bien ce gros buzz pour atteindre les objectifs digitaux annoncés dans CB News : l’éditeur avec un grand « L » (qui rappelons-le est le premier éditeur mondial de magazines grand public) attend « 30 000 téléchargements pour l’appli i-Phone et 1 million de visiteurs uniques pour le site d’ici la fin 2010 ». Be diffusera également des contenus sur les chaînes June et Virgin 17 et sur Virgin Radio.
Presse, Radio, TV, et grosse stratégie Internet (avec des community managers, du mobile et tout le toutim), donc, si on résume, on est bien sur du 360°, une cash-machine digitale et on devient presque ubimedia, donc Sqli agency va suivre ça de près en espérant que le résultat ne soit pas décevant. Nos fashionistas vous donneront bientôt leur avis sur le sujet.














