L’ubimédia – peut-il être durable ?

Chaque jour nous apporte son lot de publicité pour des machines à communiquer électroniques, avec ou sans écran, que nous sommes censés poser sous le sapin de Noël. Combien de matières premières ont été consommées pour les produire, combien d’énergie pour les transporter, les faire fonctionner, et comment allons-nous en débarrasser après une durée de vie souvent courte ?

Oui … mais à mon avis, la contribution de l’ubimédia au développement durable peut être tout à fait positive – à condition de respecter certaines conditions.

D’abord, puisque l’ubimédia pousse à ce que nous appelons communément la dématérialisation. Au lieu de produire, transporter, imprimer, archiver et supprimer des supports de communication, nous affichons l’information directement sur un écran (voire même en projeté), ce qui économise de l’énergie, de l’espace, des matières premières et réduit la pollution.

Ensuite l’ubimédia permet ce que j’appellerai de la présence virtuelle : au lieu de nous déplacer en personne, nous pouvons communiquer, surveiller, consulter des informations à distance, évitant ainsi la production de moyens de transports, les accidents, la pollution, la consommation d’énergie correspondants.

Puis, l’ubimédia peut faciliter le partage, voire le recyclage d’équipements souvent sous-utilisés par un seul propriétaire : vélos, voitures, appartements, outils … réduisant encore consommations et nuisances liées à leur production. (voir par exemple le succès du velib, largement tributaire de la possibilité de connaître vélos et emplacements disponibles – grâce à des applications mobiles et du mobilier urbain ubimédia).

Enfin, à travers un coût de communication marginal faible, les médias électroniques sont pour les mouvements citoyens un moyen de communiquer avec un public beaucoup plus large.

L’ubimédia serait-il donc le vecteur par excellence du développement durable ? Oui… et encore mais, à condition que le bilan écologique des machines à communiquer soit en phase avec les avancées techniques. Un premier pas dans cette direction serait d’informer le consommateur sur l’impact écologique de ses achats. Ceci juste pour éviter d’aggraver la situation.

Pour une contribution positive, néanmoins, on ne devra plus « doubler » l’approche dématérialisée par l’approche matérielle (donc à titre d’exemple : arrêter d’envoyer des formulaires de déclaration d’impôts papier, si nous pouvons déclarer en ligne.) – et ceci le plus vite possible.

Comment faire  - sans pour autant exclure ceux qui n’ont pas accès à l’ubimédia, ceux qui ne peuvent se payer ces machines communicantes, qui ne sont pas capables de s’en servir par manque d’apprentissage, de facultés physiques ou mentales ?

Il va de soi qu’un effort d’évangélisation massif et une politique volontariste de l’accès au numérique s’imposent.

Mais toutes ces mesures resteront vaines, tant que l’ubimédia n’est pas accepté par tous comme élément intégrant de leur vie quotidienne. Ceci suppose alors d’adapter l’outil à l’homme (et non l’inverse). D’un côté, le mettre en phase avec notre corps (vive l’e-book que l’on puisse facilement lire au lit). De l’autre côté, optimiser les interfaces pour qu’elles suivent notre mental d’humains : notre perception, nos manières de raisonner, de ressentir, de nous repérer, de nous relier aux autres, de prendre des décisions, d’hésiter, d’agir …

Vaste chantier d’exploration – mais à l’agency on y travaille !

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Ce billet est le résumé d’un livre blanc illustré d’exemples qui paraîtra sous peu. On vous tient au courant … mais en attendant, à vos claviers pour un commentaire.

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Une réponse à “L’ubimédia – peut-il être durable ?”

  1. Stéphane DONIC dit :

    Fascinant, et pertinent

    A l’heure ou l’ubimédia s’immisce dans les objets du quotidien, risque-t-on une sur-production matérielle?

    Dans le même temps, le concept de MUP (micro-usine personnelle, ou imprimante 3D) cher à De Rosnay permettrait de réduire l’empreinte environnementale…

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